
UNE VIE
Mars 2025, Paris
Une Vie. Mars deux mille vingt-cinq. Et je peignais vie humaine. Pas ma vie. Pas vie spécifique. Mais UNE vie. N’importe laquelle. Toutes vies. Vie universelle. Réduite à quoi. À sa routine la plus basique. Son cycle absurde. Sa répétition mécanique. LIT. TABLE. BUREAU. Et recommence. Éternellement. Diptyque deux fois cent vingt centimètres. Deux cent quarante total. Vision panoramique. Balayer regard. Comme balayer vie entière du regard. Et voir quoi. Lit à gauche. On dort. Table au centre. Démesurée. Immense. Disproportionnée. On mange. Bureau à droite. On travaille. Et c’est tout. C’est ça. Une vie. Dormir manger travailler. Manger dormir travailler. Travailler manger dormir. Cycle infini. Sisyphe moderne. Rocher roulé. Retombe. Recommence. Pour toujours. Et moi mars deux mille vingt-cinq. Peignant ça. Allégorie. Ironique. Et tendre. Tragi-comédie. Ma propre expression. Car tragique. Réduction vie à fonctions basiques biologiques économiques. Mais aussi comique. Absurdité répétition grotesque. Et tendre. Regard affectueux malgré tout. Acceptation. Bienveillance. Pas cynisme pur. Mais lucidité. Et amour peut-être. Pour humanité. Notre humanité. Absurde. Mais nôtre. Mars deux mille vingt-cinq. Soixante-deux ans. Et je peignais vie. Une vie. Toutes vies. La vie.
Je me souviens mars deux mille vingt-cinq, et idée venait, peindre routine humaine, pas ma routine spécifiquement, mais routine universelle, tous nous vivons ainsi, levons matin, mangeons, travaillons, mangeons encore, dormons, et lendemain recommençons, et après-lendemain, et jour après, et semaines mois années décennies, toute vie, et qu’est-ce que c’est finalement, qu’est-ce qu’on fait, et réponse terrible simple, on survit, on fonctionne, on répète, et métro-boulot-dodo expression française années soixante-dix, critique société consommation, mai soixante-huit, refus routine aliénante, et cinquante ans plus tard mars deux mille vingt-cinq, toujours actuel, rien changé, peut-être empiré, et moi soixante-deux ans, recul, perspective, regarde vie entière, mienne et autres, et constate, voilà, c’était ça, lit table bureau, dormir manger travailler, et c’est tout, et tragique ça, réduction, mais aussi comique, absurde, et aussi tendre, car c’est notre vie, précieuse malgré tout, et Camus Mythe de Sisyphe, il faut imaginer Sisyphe heureux, et peut-être oui, peut-être routine elle-même est bonheur, stabilité, prévisibilité, sécurité, et alternative c’est chaos, guerre, famine, mort, et routine alors bénédiction, et paradoxe, plainte routine mais besoin routine, et moi mars deux mille vingt-cinq, voulais peindre ça, paradoxe, tragi-comédie, routine absurde nécessaire, et format diptyque, deux panneaux, deux fois cent vingt, vision large, panoramique, vie entière étalée devant spectateur, impossible échapper, doit regarder, confronter, reconnaître sa propre vie dans tableau.
Et je commençais peindre, et composition claire, trois éléments, lit gauche, table centre, bureau droite, et distribution espace, lit petit, bureau moyen, table ÉNORME, et disproportion volontaire, essentielle, car table démesurée dit quelque chose, dit que manger occupe espace disproportionné vie, temps disproportionné, et vrai ça, pensons manger constamment, qu’est-ce qu’on mange midi, qu’est-ce qu’on mange soir, courses, préparation, manger, digestion, vaisselle, et recommence, trois repas jour minimum, et si calculons, neuf dix heures quotidiennes liées nourriture, et ironique ça, et table reflète ça, plus longue que lit bureau combinés, et occupe centre, cœur composition, et abondance sur table, débordement, vins bouteilles rouges étiquettes, verres remplis, pains baguettes, fromages variétés multiples, charcuteries viandes, raisins grappes vertes rouges, fruits, macarons roses verts violets, salade verte fraîche, desserts gâteaux, et tout ça entassé, empilé, déborde, et symbolisme multiple, manger égale compensation peut-être, seul plaisir quotidien garanti, dormir nécessité passive, travailler contrainte, mais manger plaisir actif, choix, sensualité, et table abondante compense vide reste, et aussi consumérisme, société consommation, nous définit, tu es ce que tu manges, tu es ce que tu achètes, et cycle produire travailler gagner acheter consommer, et table centre cycle, et couleurs table vives, rouges vins, verts raisins salade, roses macarons, oranges fruits, et contraste avec reste, lit brun sobre, bureau brun utilitaire, mur bleu neutre, et table seule chose vivante, colorée, vibrante, et dit ça, nourriture égale vie, reste égale survie.
Et lit gauche, peignais avec soin, lit simple, drap blanc, structure brune, et lit égale repos, sommeil, récupération, mais aussi intimité, rêves, amour peut-être, mais ici sobre, fonctionnel, pas romantisé, juste objet, nécessité, on dort huit heures, tiers vie, et fou ça, tiers existence inconscient, et pourquoi, car corps fatigue, besoin repos, et sommeil pas choix, obligation biologique, et lit symbole ça, passivité, soumission corps, et aussi début fin journée, cercle, on dort, réveille, jour commence, soir retourne, cercle ferme, et bureau droite, peignais aussi fonctionnel, table bureau, ordinateur portable écran noir éteint, livres empilés, tasse café peut-être, chaise, et bureau égale travail, production, économie, gagner vie expression, travailler pour vivre, et huit heures bureau, tiers vie aussi, et deux tiers vie donc, dormir travailler, et reste tiers pour quoi, manger, déplacements, corvées, et liberté où, loisirs où, et petit morceau seulement, et réduction vie à fonctions, dormir récupérer, travailler produire, manger consommer, et humain machine, rouage, et Marx aliénation, Foucault discipline corps, et société moderne réduit humain à fonctions économiques biologiques, et mon tableau montre ça, trois objets, lit table bureau, trois fonctions, dormir manger travailler, et personne, aucun humain visible, et pourquoi, car universalité, pas ma vie, une vie, n’importe qui, tous, et aussi car vie réduite objets, structures, nous absents nos propres vies, fonctionnons automatiquement, machinalement, et absence humaine dit ça, vie sans vie, routine sans conscience, et spectateurs voient tableau, reconnaissent leur vie, ah oui, c’est ça, moi aussi, lit table bureau, et reconnaissance inconfortable, miroir, et question posée, est-ce que c’est ça, est-ce que vie est juste ça, et pas de réponse tableau, juste constat, voilà, c’est ça.
Et table centre, énorme, et abondance, et je peignais chaque objet, bouteilles détaillées, étiquettes, verres transparents, pains croûte dorée, fromages textures, viandes roses rouges, raisins grains, et amour détail, car nourriture importante, pas juste fonction, mais plaisir, culture, partage, et table égale aussi convivialité, famille, amis, mais ici personne, table pleine convives absents, et ambiguïté, table préparée pour qui, festin pour personne, et peut-être nous tous, invisibles, fantômes, hantons notre propre vie, et peut-être aussi vie moderne, solitude, mange seul devant écran, travaille seul, dort seul, et lien social brisé, communauté perdue, et table pleine vide convives symbole ça, abondance matérielle pauvreté relationnelle, et société consumériste produit objets pas relations, et nous entourés choses, isolés humains, et table dit ça aussi, regardez, tout ça, nourriture, mais personne avec qui partager, et tristesse ça, mélancolie, mais aussi ironie, car peut-être préférons ainsi, solitude choisie, liberté, et ambiguïté volontaire, pas impose lecture unique, spectateur décide, table pleine triste ou heureuse, routine aliénante ou rassurante, et dépend qui regarde, moment vie, et c’est ça art, offre miroir, chacun voit ce qu’il est, ce qu’il vit, et mars deux mille vingt-cinq, je offrais miroir, une vie, et spectateurs regardent, et voient leur vie, et peut-être sourient, ah oui tragi-comédie, absurde mais vrai, et peut-être pleurent, ah oui tragique, vie réduite ça, et peut-être les deux, sourire-larme, comme moi peignant.
Et diptyque format, deux panneaux, et jonction centre, et passage un panneau autre, et symbolisme aussi, vie fragmentée, divisée, compartimentée, vie personnelle professionnelle, public privé, et tous jouons rôles, maison un rôle, bureau autre, et schizophrénie moderne, et diptyque montre ça, deux parties, mais même vie, continue, et aussi diptyque traditionnel religieux, retables médiévaux, Annonciation, Passion, et ici retable laïc, Passion quotidienne, pas Christ mais humain quelconque, pas miracle mais routine, pas salvation mais répétition, et format monumental, deux cent quarante centimètres, grandeur humaine, spectateur face tableau, immersion, impossible ignorer, doit voir, doit reconnaître, et palette dominante, bleu mur, calme, neutralité, froid peut-être, solitude peut-être, espace indéfini, pourrait être n’importe où, appartement, maison, atelier, bureau, n’importe, universel, et bruns meubles, terre, bois, matériel, quotidien, banal, et couleurs vives nourriture, seule chose vivante, et contraste voulu, vie réduite gris brun, nourriture seule éclat couleur, et dit ça, nourriture égale vie, reste égale survie, et lumière diffuse, pas dramatique, pas coucher soleil romantique, mais lumière artificielle, néons, ampoules, lumière quotidienne, banale, travail, et sol réfléchissant, reflets tables, et double fantomatique, vie et son reflet, réalité et apparence, et peut-être vie elle-même reflet, simulacre, et vivons-nous vraiment ou jouons-nous vivre, et questions philosophiques, mais pas réponses, tableau pose, spectateur cherche.
Et références culturelles multiples, et Beckett En attendant Godot, deux hommes attendent, parlent, rien arrive, recommencent lendemain, absurde, répétition vide, et Ionesco La Cantatrice chauve, dialogues banalités quotidiennes, langage vide sens, et théâtre absurde montre ça, vie moderne absurde, routine mécanique, et Sisyphe Camus, rocher éternellement, et essai Le Mythe de Sisyphe, révolte, il faut imaginer Sisyphe heureux, et oui, peut-être, acceptation absurde, vivre malgré, et mon tableau dit ça aussi, routine absurde, mais vivons, continuons, et peut-être bonheur dans acceptation, et aussi Vanités peinture flamande hollandaise dix-septième, natures mortes crâne bougies fruits livres, memento mori, souviens-toi tu mourras, plaisirs terrestres éphémères, et Une Vie vanité moderne, pas crâne mais absence humain même effet, nourriture périssable, travail futile, vie transitoire, et mort implicite, routine continue mais nous mourrons, et table pleine mais vide, mangeurs disparus, et memento mori, cette vie éphémère, profite, ou pleure, ou les deux, et aussi Pop Art Warhol, Campbell’s Soup, objets quotidiens monumentalisés, banalité devient art, consumérisme célébré critiqué simultanément, et ma table nourriture comme Warhol soupe, quotidien banal monumental ironique, et aussi Maupassant Une Vie roman mille huit cent quatre-vingt-trois, femme provinciale, déceptions accumulation, résignation, fin citation célèbre, “La vie, voyez-vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit”, et sagesse désabusée tendre, et mon titre Une Vie référence peut-être, et même ton, ironie tendre, lucidité bienveillante, et toutes références nourrissent tableau, créent épaisseur, profondeur, dialogue avec histoire art littérature philosophie.
Et comparaison mes autres œuvres, et Voix du Peuple juillet deux mille dix-sept, huit ans avant, homme vomit objets consommation, critique violente frontale, colère, et Une Vie mars deux mille vingt-cinq, même critique consumérisme, mais douce, tendre, acceptation, et huit ans écart, passage colère acceptation, maturité peut-être, résignation peut-être, sagesse peut-être, et aussi Bigger Faster avril deux mille vingt, cinq ans avant, oiseau mécanique enfance, critique vitesse croissance, et Une Vie, routine conséquence Bigger Faster, travail bureau pour produire gagner consommer, lit-manger-bureau rouages machine capitaliste, et aussi Home mars deux mille vingt-cinq, même mois, extraordinaire, deux tableaux mars, et Home ours rondins nature détruite, tragique, et Une Vie routine humaine, tragi-comique, et deux faces mars deux mille vingt-cinq, nature souffre, humains routinent, et animal perd home, humain a home mais vide sens peut-être, et complémentarité, et aussi Pari Intervallo octobre deux mille vingt-cinq, sept mois après, et mars contemple vie distance, ironie tendresse, octobre submergé noyé, distance perdue, et progression, mars observe routine extérieur, octobre immergé dedans, et Une Vie avant crise, contemplation sereine, Pari Intervallo pendant crise, noyade désespoir, et trajectoire deux mille vingt-cinq, mars calme, octobre tempête, novembre Soledad remontée spirituelle, et arc dramatique, contemplation chute remontée.
Et contexte personnel mars deux mille vingt-cinq, vie familiale heureuse, épouse adorée, amour, soutien, stabilité, et fille quinze ans, devient musicienne, fierté, espoir, transmission, et musique lien père-fille, et avril suivant Peint-Piano, fusion piano corps, extase Scriabine, et célébration musique, et peut-être fille inspiration, et famille rempart, protection, bonheur, et sans eux, désespoir, et avec eux, survie, joie, et vie personnelle riche, aimante, soutenante, MAIS, et grand mais, vie artistique autre chose, solitude artistique, pas existentielle, professionnelle, et milieu artistique parisien, mes mots exacts, extrêmement opaque, fermé, impénétrable, réseaux, clans, gatekeepers, galeries critiques institutions collectionneurs, et moi outsider, exilé roumain, pas réseau, diversité stylistique reprochée, vous vous cherchez, vingt-deux ans tentatives, vingt-deux ans rejets, et dégâts personnels, mes mots, dégâts, blessures, doute, découragement, blessures narcissiques, colère, frustration, invisibilité professionnelle, précarité économique, et accumulation vingt-deux ans, et poids ça, et famille aide surmonter, contrebalance, sans eux effondrement, et octobre Pari Intervallo, dégâts culminent, noyade, chevalet paralysé, je ne peux plus, et crise, mais famille plus spiritualité novembre Soledad permettent remontée, et mars Une Vie, encore distance, contemple routine, ironise tendrement, mais déjà fissures, déjà fatigue, et tableau pas autobiographique, volontairement universel, parle tous gens pas juste moi, mais contexte personnel colore, nourrit, et artiste soixante-deux ans vingt-deux ans rejet, peint routine universelle, et forcément projection, forcément résonance, et tableau double lecture, universel ET personnel, tous ET moi, et richesse ça, ambiguïté, ouverture.
Et facture picturale, huile toile, empâtements moyens, coups brosse visibles, pas hyperréalisme, peinture assumée, matière visible, et réalisme libre, reconnaissable mais pas photographique, et couleurs, bleu mur dominant, calme froid neutralité, et bruns meubles terre quotidien, et couleurs vives nourriture, rouge vin, vert raisin salade, rose macaron, orange fruit, et contraste, vie grise, nourriture colorée, et lumière diffuse égale, pas ombres dramatiques, lumière artificielle quotidienne, et reflets sol, tables se reflètent, spectralité, double, et composition équilibrée, trois masses, lit gauche, table centre dominante, bureau droite, et asymétrie, table déborde, plus grande, et déséquilibre voulu, et format diptyque, deux panneaux cent vingt, jonction centre visible, et césure, coupure, vie fragmentée, et aussi continuité, passage fluide, vie une malgré divisions, et spectateur face, recule pour voir ensemble, distance nécessaire, comme vie, besoin recul pour voir ensemble, comprendre sens, et mars deux mille vingt-cinq, je peignais plusieurs semaines, lentement, méditais, chaque coup brosse réflexion, vie, routine, absurde, sens, et objets apparaissaient, bouteilles verres pains, et table se remplissait, débordait, et symbolisme s’imposait, table trop grande, oui, volontaire, et personnages, je voulais mettre, puis enlevais, non, absence meilleure, universalité, et lit bureau, sobre, fonctionnel, et bleu mur, choix dernier moment, bleu calme, mais froid aussi, solitude, et tableau terminé, signé daté Une Vie 2025, et accroché atelier, et regard quotidien, et miroir, ma vie aussi, dormir manger travailler, et sourire, oui, tragi-comédie, absurde, et tendre, accepte, et continuer, vivre, malgré absurde, malgré routine, car vie précieuse, unique, éphémère, et routine elle-même est vie, et Sisyphe heureux peut-être, et moi heureux peut-être, malgré rejets malgré opacité milieu, car famille, car art, car témoigner, et tableau témoigne, dit voilà, une vie, notre vie, absurde, mais nôtre, et continuons.
Et titre Une Vie, français, pas anglais, pourquoi, et simplicité, universalité, et “une” indéfini, pas “ma” possessif, n’importe laquelle, toutes, et expression quotidienne, il a eu une vie difficile, quelle vie, et banalité expression égale banalité vie représentée, et aussi référence Maupassant peut-être, Une Vie roman, et même ton, ironie tendre résignation lucide, et titre sobre, factuel, comme rapport, une vie, voilà, c’est tout, et mars deux mille vingt-cinq, titre venait naturellement, évident, pas cherché, une vie, oui, et spectateurs lisent, une vie, et pensent leur vie, et reconnaissance, et dialogue s’établit, tableau et spectateur, vous et moi, nous tous, une vie, notre vie, et communion ça, partage, humanité, et art permet ça, créer pont, et solitude brisée momentanément, artiste spectateur connectés, reconnaissent même condition, même absurde, même routine, même humanité, et consolation ça, pas seul, tous pareil, et misère partagée moins misère, et joie partagée plus joie, et tableau offre ça, partage, et mars deux mille vingt-cinq, je offrais ça, une vie, ma vie votre vie notre vie, et tragi-comédie, pleurons rions simultanément, et continuons, car vie continue, routine continue, et demain, réveil, manger, bureau, manger, lit, et après-demain, et toujours, et c’est ça, une vie, et acceptons, et vivons, et parfois sourions, et parfois pleurons, et toujours continuons, car humains, et c’est notre condition, absurde belle tragique comique tendre, et Une Vie témoigne ça, célèbre ça, honore ça, pour toujours mars deux mille vingt-cinq.




