SOLEDAD

SOLEDAD
Novembre 2025, Paris

Soledad. Novembre deux mille vingt-cinq. Soixante-deux ans. Un mois après Pari Intervallo. Un mois après noyade immersion paralysie. Et maintenant appel. Appel au Christ. Christ reviens. Mais pas comme annoncé. Pas Apocalypse gloire trompettes anges jugement dernier. Non. Christ revient et s’assoit. Bord du chemin. Désert. Terre dévastée. Ciel tourmenté. Et regarde. Conscient de ce que la Terre est devenue. Conscient de ce que nous avons fait. De sa création. De son sacrifice. Deux mille ans après. Crucifixion. Résurrection. Ascension. Retour promis. Mais pas celui-ci. Pas glorieux. Accablé. Épuisé. Désolé. Soledad. Mot espagnol. Solitude. Mais plus que solitude. Désolation. Abandon. Isolement absolu. Et lui assis. Cheveux longs. Barbe. Vêtements sombres d’errance. Iconographie christique. Mais pas Christ triomphant. Christ effondré. Ne peut plus partir. Doit rester. Surveiller. Notre déchéance. Notre destruction. Novembre deux mille vingt-cinq. Un an Gaza. Trump revenu. Climat s’effondre. Humanité perdue. Monde devenu désert. Et moi un mois après ma propre noyade Pari Intervallo. Un mois après avoir peint moi immergé chevalet noyé. Je comprenais. Art seul ne suffit pas. Humain seul ne suffit pas. Besoin présence supérieure. Divine. Spirituelle. Quelqu’un qui reste. Surveille. Témoigne. Et j’appelais Christ. Et il venait. Mais accablé. Comme moi.

Je me souviens novembre deux mille vingt-cinq, et octobre venait finir, Pari Intervallo terminé, moi immergé cave inondée chevalet noyé, et sensation persistait, noyade, impossibilité créer, impossibilité continuer, poids monde trop lourd, et novembre arrivait, et idée venait, pas de moi peut-être, inspiration Esprit, peindre Christ, mais pas Christ habituel, pas glorieux ressuscité ascensionné, mais Christ revenu et découvrant, conscient, voyant ce que nous avons fait, et réaction pas colère pas jugement, mais accablement, tristesse infinie, résignation lucide, et s’assoit bord chemin, ne peut plus partir, doit rester, surveiller, et titre venait, Soledad, mot espagnol pas français, pourquoi espagnol, je ne sais pas, peut-être sonorité, Soledad plus désolé que Solitude, plus spirituel, et références multiples, Vierge des Sept Douleurs Notre-Dame de Soledad culte espagnol latino-américain, Marie souffrant sept douleurs glaives transperçant cœur, et ici Christ souffrant mille douleurs contemplant ce que humanité est devenue, et novembre deux mille vingt-cinq contexte terrible, treize novembre dix ans attentats Paris, commémoration douleur, et Gaza treize mois guerre continue, et Trump élu président deuxième fois novembre cinq quelques jours avant je commence tableau peut-être, retour cauchemar, et climat automne deux mille vingt-cinq records chaleur encore, et accumulation catastrophes, et moi soixante-deux ans vingt-deux ans exil, et fatigue terrible, et octobre noyade Pari Intervallo, et novembre besoin transcendance, besoin que quelqu’un vienne, quelqu’un plus grand que moi, et j’appelais Christ, reviens, mais conscient que s’il revenait il serait accablé comme moi, et je le peignais ainsi.

Et je commençais toile format peut-être cent par cent vingt cent trente format vertical portrait paysage, et composition claire, Christ assis premier plan gauche, bord chemin ou rocher ou simplement sol, posture assise jambes repliées peut-être ou étendues, bras repos sur genoux ou le long corps, tête légèrement inclinée, regard vers horizon ou vers sol, pas vers nous spectateurs, détourné, intérieur, méditatif, et vêtements sombres bruns gris terre, pas blanc lumineux ressuscité, mais couleurs errance pauvreté humilité, tunique simple manteau peut-être, et cheveux longs retombant épaules, barbe fournie, iconographie traditionnelle Christ, mais visage pas triomphant, traits tirés fatigués, yeux cernés peut-être, bouche fermée pas souriante, expression accablement désolation, et corps pas glorieux, corps humain fatigué, épaules affaissées, poids invisible pesant, et derrière lui paysage, désert immense, terre aride jaune ocre brun, quelques arbustes maigres ou arbres rabougris, collines lointaines ou montagnes, et ciel, ciel tourmenté, nuages épais gris roses bruns, lumière crépusculaire peut-être, fin de jour ou aube incertaine, lumière faible diffuse, et atmosphère désolation totale, monde vidé, humanité absente visible tableau mais présente absence, traces destruction peut-être, chemin poussiéreux, et Christ seul absolument seul, Soledad, et palette dominante ocres bruns gris, couleurs terre désert, quelques touches roses ciel, pas de verts vivants, nature morte desséchée, et empâtements épais généreux, matière terre palpable, ciel épais lourd, vêtements Christ texturés usés, et coups brosse larges rapides certains endroits, lents méditatifs autres, et facture exprime désolation, terre devenue désert, ciel devenu fardeau, et Christ assis témoin impuissant.

Et idée centrale tableau, Christ revenu mais pas comme Apocalypse annonce, pas Seconde Venue glorieuse, Matthieu vingt-quatre Marc treize Luc vingt et un, Christ revient sur nuées ciel avec puissance gloire, anges trompettes, jugement dernier, fin des temps, royaume Dieu, mais non, pas ça, Christ revient discrètement, comme première fois peut-être, humblement, et découvre, voit, comprend, ce que nous avons fait, deux mille ans après sacrifice, crucifixion pour sauver humanité, et humanité qu’a-t-elle fait, guerres génocides destructions, pollutions extinctions, égoïsmes violences, et Terre mère création divine devenue désert, épuisée saccagée, et Christ voit ça, et réaction pas colère vengeance punition, mais tristesse infinie, accablement, et s’assoit, bord chemin, épuisé, désolé, et ne part plus, première fois était parti, Ascension Actes un neuf-onze, élevé nuée, anges disent disciples reviendra de même manière, mais ici pas reparti, reste, assis, coincé peut-être, condamné rester, surveiller, regarder, témoigner, notre déchéance continuation, et pourquoi reste, peut-être amour trop grand, compassion trop profonde, attachement humanité, ou peut-être résignation, comprend que partir inutile, nous continuerons détruire, alors reste, présence silencieuse, regard témoin, et Soledad solitude totale, seul face à désolation, seul conscient de ce que Terre est devenue, seul à porter poids de cette conscience, et nous humanité continuons inconscients peut-être, ou conscients mais impuissants, et Christ reste surveille, et c’est pire que partir, condamné regarder sans pouvoir changer.

Et novembre deux mille vingt-cinq contexte précis, et Trump élu novembre cinq, retour cauchemar, deuxième mandat commence janvier deux mille vingt-six, et monde tremble, et Gaza treize mois guerre, treize novembre commémoration dix ans attentats Paris Bataclan, cercle violence perpétuel, et climat automne deux mille vingt-cinq encore records, et biodiversité effondrement continue, et moi un mois après Pari Intervallo noyade octobre, et progression avril Peint-Piano extase possible, octobre Pari Intervallo noyade paralysie, novembre Soledad appel transcendance, et comprendre que seul art humain ne suffit pas, besoin quelque chose plus grand, et Christ figure ça, divin humain simultanément, Dieu fait homme, et si Dieu revient et voit ce que nous avons fait de sa création, réaction serait accablement, et moi novembre peignant Christ accablé, je peignais aussi moi-même, artiste accablé, témoin accablé, humain accablé, et nous tous accablés, et besoin présence qui reste, surveille, partage fardeau conscience, et Christ assis Soledad incarnait ça, présence silencieuse solidaire, ne juge pas mais reste, accompagne, souffre avec, compassion étymologie latin cum-patior souffrir avec, et Christ compassion absolue, reste même quand insupportable, et Soledad aussi référence Vierge Marie, Notre-Dame de Soledad, sept douleurs, glaives transperçant cœur, prophétie Siméon Luc deux trente-cinq, épée transpercera âme, et Marie souffrant voir fils crucifié, et ici Christ souffrant voir humanité crucifiant création, et inversion, première fois Christ crucifié pour sauver humanité, maintenant humanité crucifie création et Christ regarde impuissant, et cercle tragique, sacrifice inutile peut-être, ou pas compris, ou oublié.

Et comparaison mes autres œuvres novembre deux mille vingt-cinq et avant, et avril Peint-Piano Scriabine océan ancestral extase musicale, encore espoir beauté peut sauver, et août Potion Magique Obélix pains ludique pause joyeuse, encore légèreté possible, et octobre Pari Intervallo moi immergé noyade, crise personnelle, et novembre Soledad Christ appelé, passage personnel à spirituel, de je ne peux plus à il faut quelqu’un qui reste, et diptyque octobre-novembre, Pari Intervallo noyade artiste, Soledad appel secours spirituel, et indissociables, l’un mène à l’autre, crise personnelle ouvre besoin transcendance, et aussi continuité autres œuvres Christ, Kamikaze novembre deux mille quinze Christ sacrifice pour sauver pains vie versus terroristes sacrifice pour tuer explosifs mort, et Fils de l’Homme mai deux mille quinze Christ cosmique bras écartés protège Terre, encore espoir, et dix ans plus tard novembre deux mille vingt-cinq Soledad Christ terrestre assis accablé, évolution, passage espoir cosmique à fatigue terrestre, dix ans dégradation, et Christ aussi évolue avec monde, s’épuise, s’affaisse, reste mais résigné, et moi peignant cette évolution, témoignais évolution monde, dix ans deux mille quinze deux mille vingt-cinq, espoir à résignation, protection à surveillance impuissante.

Et facture picturale novembre urgente aussi, comme Pari Intervallo, besoin peindre vite, exprimer immédiat, et empâtements généreux coups brosse larges, et palette terre désert, ocres jaunes bruns, gris ciel, roses crépusculaires, pas de verts sauf peut-être traces maigres arbustes, et Christ peint avec soin, visage travaillé, traits définis, expression cruciale, accablement visible, et corps posture affaissement, poids invisible, et vêtements texturés usés, tissu lourd terreux, et paysage derrière traité plus rapidement, touches larges, désert suggéré pas détaillé, ciel tourmenté nuages épais, et lumière faible diffuse, pas de soleil éclatant, lumière voilée fin de jour peut-être, et atmosphère pesante oppressante, chaleur sèche désert, silence absolu, pas de vent pas de vie, immobilité désolation, et Christ seul point focal, regard attiré vers lui, puis vers paysage désert, puis revient à lui, et comprend, il est là, assis, ne partira plus, surveillera éternellement, condamné rester, et nous continuons, et lui regarde, et c’est insupportable, et pourtant nécessaire, besoin témoin, besoin présence, même accablée, et Soledad solitude partagée peut-être, Christ seul mais nous aussi seuls, et ensemble dans solitude, et titre espagnol sonorité musicale presque, So-le-dad, trois syllabes, rythme lent, et prononciation douce triste, et évoque Marie Vierge douleurs, et évoque désert espagnol Castille aride, et évoque aussi soledad mot quotidien espagnol solitude, et choix espagnol pas français, pourquoi, peut-être langue passion souffrance, flamenco duende, âme espagnole tragique, et Christ ici tragédie espagnole, et novembre deux mille vingt-cinq je signais datais Soledad 2025, et tableau était là, Christ assis désert, ciel tourmenté, Terre dévastée, et regard accablé, et présence résignée, et nous continuons, et lui surveille.

Et après Soledad que viendrait, décembre deux mille vingt-cinq, et je ne savais pas, peut-être rien pendant moment, épuisement, trois mois avril Peint-Piano août Potion octobre Pari novembre Soledad, quatre tableaux importants, et besoin pause peut-être, et aussi question, après avoir appelé Christ et montré accablé, que faire ensuite, où aller, et peut-être silence, intervalle, comme Pärt huit ans, comme octobre Pari Intervallo, et attendre, et Soledad dernier mot pour l’instant, solitude, désolation, mais aussi présence, reste, surveille, et ça compte, ça compte énormément, pas seul totalement, Christ là même accablé, et nous là aussi, et Terre là encore, dévastée mais là, et vie continue, difficilement douloureusement, mais continue, et Soledad témoignait ça, fin n’est pas venue, pas Apocalypse glorieuse, juste continuation désolation, et Christ reste, et nous restons, et tous ensemble Soledad, solitude collective, désolation partagée, et survie malgré tout, résistance minimale, respirer encore, regarder encore, être là encore, et Christ modèle ça, reste même insupportable, et nous devons rester aussi, et Soledad appel à rester, ne pas fuir, ne pas abandonner, rester, surveiller, témoigner, comme Christ, comme moi artiste, comme nous tous humains conscients, et novembre deux mille vingt-cinq mois sombre mais nécessaire, après noyade octobre résurrection pas encore, mais présence, Christ présence, et ça suffit peut-être, pour l’instant, Soledad, pour toujours novembre deux mille vingt-cinq, pour toujours Christ assis bord chemin, pour toujours désert Terre devenue, pour toujours ciel tourmenté, pour toujours regard accablé, pour toujours ne part plus, pour toujours surveille, pour toujours solitude désolation, pour toujours Soledad.