
ONE MINUTE AFTER
Mai 2013, Paris
One Minute After. Mai deux mille treize. Cinquante trois ans. Et je peignais accident de voiture. Une minute après. Après l’impact. Après le choc. Après le fracas métal contre métal. Et silence soudain. Et cri. Homme à gauche. Bras levés vers ciel. Bouche grande ouverte. Hurle. Douleur absolue. Désespoir. Et en bas. Femme. Son épouse. Couchée sur dos. Immobile. Morte. Corps inerte. Chair rose violette. Et en haut. Esprit. Âme qui s’envole. Figure éthérée. Ailes blanches. Monte vers ciel. Quitte corps. Séparation. Et au fond. Voiture détruite. Métal tordu. Broyé. Machine morte. Et je peignais ça. Dédié à tous. Tous ceux qui ont perdu vie. Ou vie de proches. Accident voiture. Phénomène mondial. Un virgule trois million morts par an. Organisation Mondiale Santé. Toutes vingt-quatre secondes. Quelqu’un meurt. Sur route. Quelque part monde. Et familles brisées. Vies changées. En une minute. Soixante secondes. Entre vie et mort. Entre espoir et certitude. One Minute After. Mai deux mille treize. Cinquante-trois ans. Et moi peignant cette scène. Universelle. Tragique. Spirituelle. Homme crie. Femme morte. Esprit s’envole. Voiture détruite. Et nous tous. Témoins. Victimes potentielles. Car tous nous conduisons. Tous nous roulons. Et mort nous guette. Chaque trajet. Chaque route. Une minute. Peut tout changer. Pour toujours.
Je me souviens mai deux mille treize, cinquante-trois ans passés mars, et milieu vie, et réflexions mortalité, et idée venait, peindre accident voiture, pas guerre, pas attentat, mais tragédie quotidienne, invisible, normalisée, acceptée, un virgule trois million morts annuels, chiffre terrible, et pourtant nous continuons, conduire, rouler, accepter risque, et mai deux mille treize France environ trois mille cinq cents morts annuels, USA trente-trois mille, Chine Inde dizaines milliers, et toutes vingt-quatre secondes quelqu’un meurt, pendant que j’écris cette phrase, quelqu’un vient mourir, accident route, quelque part monde, et famille apprend, cri, pleurs, et vie bascule, et je voulais peindre ça, moment précis, une minute après, pas impact lui-même, pas avant, mais APRÈS, moment où survivant réalise, où comprend, où voit corps, où touche, où crie, et âme défunte s’élève, quitte corps, monte ciel, et séparation déchirante, lui reste, elle part, et solitude absolue commence, et veuvage, deuil, trauma, et pourquoi une minute, pourquoi pas immédiatement, car une minute égale soixante secondes, temps sortir voiture, temps titubant choqué approcher, temps voir corps immobile, temps toucher peau refroidissant déjà, temps comprendre elle respire plus, temps crier NOOOOON, et soixante secondes entre espoir “peut-être elle vit” et certitude “elle est morte”, moment plus terrible, bascule, et titre anglais One Minute After, pas français, pourquoi, universalité, accident voiture phénomène mondial, pas français spécifiquement, tous pays, toutes routes, et anglais langue universelle, et titre sobre, factuel, une minute après, comme rapport accident, comme constat, froideur administrative versus chaleur humaine douleur, contraste voulu.
Et je commençais tableau, format cent quatorze par cent quarante-six, horizontal, paysage, assez grand, et composition trois éléments, homme gauche, femme bas centre, esprit haut, et voiture fond, et homme peignais premier, survivant, mari peut-être, vêtements jaunes clairs, debout, posture déséquilibre, choc, et bras levés, geste désespoir, supplication, vers ciel, vers elle qui s’envole, et tête levée aussi, regarde âme monter, et bouche grande ouverte, cri primal, animal, viscéral, et visage traits tordus douleur, et je peignais coups brosse rapides violents, empâtements épais, matière peinture exprime violence émotion, et jaune couleur vie encore, lui vivant, mais vie fracturée, brisée, et femme en bas, corps étendu, couchée dos, bras jambes position naturelle mais immobile, morte, et tons roses violets, chairs, sang peut-être, et vêtements aussi roses violets, et visage calme, yeux fermés, paix mort, et corps peint avec tendresse, respecte, pas exhiber violence mais montrer humanité, femme pas juste victime, mais personne, épouse aimée, et séparation déjà visible, corps ici bas, esprit là haut, et dualité humaine, chair et âme, matière et esprit, et mort révèle ça, sépare, corps reste terre, âme monte ciel, et tradition orthodoxe roumaine mon enfance, mort égale libération âme, corps prison temporaire, âme retourne Dieu, et je peignais ça, croyance, foi, espoir peut-être, mort pas fin totale, âme continue, et esprit femme haut tableau, figure éthérée, tons roses violets clairs, translucides, et ailes blanches, grandes, déployées, et ascension, mouvement vers haut, et forme fantomatique, immatérielle, versus corps charnel bas, et ailes pas exactement angéliques, mais âme devenue ailée, libre, capable voler, et blanc pureté, spiritualité, et elle monte, quitte scène, quitte lui, et il crie vers elle, tends bras, mais elle s’éloigne, inéluctable, et séparation définitive commence.
Et voiture fond, maintenant regarde je vois, métal tordu, formes angulaires brisées, gris bruns, et masse confuse, car pas focus principal, suggérée, et voiture instrument tragédie, machine moderne, progrès technique, mobilité liberté, mais aussi mort, un virgule trois million annuels, et paradoxe civilisation automobile, acceptons morts, prix payer pour vitesse déplacement, et voiture détruite témoin, carcasse, et peut-être elle conduite, ou lui, ou autre conducteur, et collision, impact, et secondes, vie bascule, et metal against metal, chair contre metal, et chair perd toujours, et voiture protège pas vraiment, illusion sécurité, airbags ceintures, mais vitesse trop haute, choc trop violent, et corps humains fragiles, et mai deux mille treize je réfléchissais ça, société automobile, nous tous complices, conduisons, acceptons risque, et morts invisibles, statistiques, chiffres, mais derrière chaque chiffre, humain, famille, douleur, et mon tableau voulait montrer ça, humaniser statistique, donner visage à un virgule trois million, montrer homme qui crie, femme qui meurt, âme qui s’envole, et douleur réelle, pas abstraite, et dédicace tous ceux perdus vie ou vie proches, et moi-même chanceux peut-être, dix ans exil, conduis parfois, jamais accident grave, mais conscience fragilité, chaque trajet pourrait être dernier, et memento mori, souviens-toi tu mourras, et voiture rappelle ça quotidiennement, mort possible, imminente peut-être, et accepter ça, vivre malgré ça, et peindre ça, témoigner ça.
Et facture picturale expressionniste, alla prima, coups brosse larges rapides, empâtements généreux, matière épaisse, texture, et violence geste pictural exprime violence accident, et couleurs, palette dominante roses violets, chairs sang mort, et jaunes vêtements homme, vie, et blancs ailes esprit, spiritualité, et bruns gris fond voiture, destruction, et touches orangées peut-être, feu, chaleur, vie encore, et composition dynamique, diagonale ascendante, bas gauche où corps, vers haut droite où esprit, mouvement terre ciel, matière esprit, et homme gauche ancré terre, ne peut suivre, reste, et asymétrie, déséquilibre, comme accident lui-même, soudain, inattendu, bascule, et format horizontal cent quarante-six large, permet étalement scène, espace respirer, mais aussi espace vide, absence, elle partit, espace qu’elle occupait maintenant vide, et spectateur face tableau, confronté, grandeur presque nature, cent quatorze haut, personnages taille réelle presque, et impossible détourner regard, homme crie vers nous aussi, implore, et femme morte là, présente, et âme s’envole devant nous, et nous témoins, comme témoins accident route, s’arrêtent, regardent, choqués, et sentiment “ça aurait pu être moi”, et mortalité partagée, nous tous mortels, tous vulnérables, et voiture nous tous utilisons, et risque nous tous prenons, et mai deux mille treize je peignais ça, mortalité quotidienne, invisible, normalisée, et dé normaliser, rendre visible, faire sentir douleur, et tableau pas juste dénonciation, mais aussi mémorial, hommage, prière peut-être, pour tous morts, toutes familles, et âme montant égale espoir, mort pas fin, quelque chose continue, et foi ça, orthodoxe, chrétienne, mais aussi universelle, besoin croire, mort pas néant absolu, mais passage, transformation, et corps reste, pourrit, mais âme libérée, éternelle peut-être, et consolation ça, maigre peut-être, mais réelle, et homme crie mais peut-être aussi prie, bras levés supplication, Dieu pourquoi, mais aussi Dieu accueille-la, et ambiguïté geste, colère et foi mélangées, et humanité ça, contradictions, doutes, espoirs, et mai deux mille treize cinquante-trois ans , et moi aussi questionnements spirituels, foi enfance orthodoxe Brașov, puis communisme athée, puis exil France laïque, et moi où, croyant, agnostique, et peinture permet explorer ça, âme montant, je peins ça, donc crois ça, ou veux croire, ou témoigne croyance autres, et toutes lectures possibles, et tableau ouvert, pas impose interprétation unique, chacun voit ce qu’il veut, âme réelle ou métaphore, et important montrer douleur, perte, et une minute après, titre essentiel, moment précis, après impact, monde changé, vie brisée, et ne sera plus jamais pareil, et survivant portera ça toujours, trauma, deuil, culpabilité peut-être, pourquoi elle pas moi, et questions sans réponses, et vivre malgré ça, continuer, et résilience humaine, capacité survivre insupportable, et tableau témoigne ça aussi, douleur mais aussi force, cri mais aussi présence, debout encore, vivant encore, et elle partit mais lui reste, et responsabilité ça, vivre pour deux peut-être, honorer mémoire, et amour survit mort, et cri homme égale cri amour, je t’aimais, je t’aime encore, reviens, mais impossible, et acceptation lente viendra, pas une minute après, mais mois années après, et deuil processus, et tableau fige moment initial, choc, refus, cri, et intensité maximale douleur, et besoin montrer ça, témoigner ça, pour tous ceux vivent ça, et dire vous pas seuls, douleur partagée, universelle, et humanité ça, souffrir ensemble, compatir, et tableau outil compassion, pas voyeurisme, mais empathie, et regarder homme crier égale sentir sa douleur, et peut-être pleurer aussi, et catharsis ça, art permet ressentir, exprimer, purger émotions, et nécessaire ça, sinon émotions étouffent, détruisent, et art libère, témoigne, console peut-être.
Et comparaison mes autres œuvres, et Ligne Rouge mai deux mille vingt-quatre, onze ans plus tard, même mois mai, soldats écorchés guerre Ukraine, et One Minute After mai deux mille treize, accident voiture, et onze ans écart, deux formes mort violente, guerre et accident, et les deux tragédies humaines, évitables peut-être, guerres choix politiques, accidents choix sociétaux accepter voitures vitesse, et morts inutiles, et familles brisées, et continuité mon œuvre, témoigner violence, mort, souffrance, et aussi Bigger Faster avril deux mille vingt, sept ans après One Minute After, et critique slogan capitaliste croissance vitesse, et One Minute After conséquence directe, voitures plus rapides plus puissantes, et accidents plus graves plus mortels, et vitesse tue, et Bigger Faster tue, et progression logique, œuvres dialoguent, avril deux mille vingt oiseau mécanique enfance nostalgie critique vitesse, mai deux mille treize conséquence vitesse mort accident, mai deux mille vingt-quatre conséquence violence guerre, et mai mois tragique peut-être, printemps mais mort, renouveau mais destruction, et moi peignant mai à répétition, deux mille treize, deux mille vingt-quatre, et témoignage récurrent, insistance, urgence, et aussi Home mars deux mille vingt-cinq, ours rondins nature détruite, et One Minute After, vie humaine détruite, et toutes œuvres témoignent fragilité, vie nature humains, et destruction, et douleur, et perte, et besoin témoigner ça, artiste rôle ça, montrer ce que autres détournent yeux, accidents routes, guerres, destructions, et forcer regarder, et ressentir, et peut-être changer, conduire moins vite, refuser guerres, protéger nature, et art peut ça, transformer, lentement, subtilement, graines plantées germent, et One Minute After graine ça, spectateur voit, ressent, et peut-être prochaine fois route, ralentit, prudence, et si un seul spectateur change, et si une seule vie sauvée, alors tableau réussi, et utile, et justifié, et mai deux mille treize je peignais avec espoir ça, pas juste témoigner, mais transformer, et art responsabilité ça, pas juste esthétique, mais éthique, et One Minute After éthique, montre douleur, honore morts, appelle prudence, et dédicace tous ceux perdus, et tous ceux restent, et tous ceux conduisent encore, et nous tous.
Et mai deux mille treize contexte personnel, cinquante-trois ans, et demi-siècle, et bilan vie , et qu’ai-je accompli, tableaux oui, témoignages, mais reconnaissance non, galeries rejettent, diversité reprochée, et solitude, et pauvreté, et questionnements, continuer ou arrêter, et One Minute After réponse peut-être, continuer, car témoigner nécessaire, même si personne regarde, même si galeries refusent, témoin solitaire, et rôle ça, et cinquante ans mortalité consciente, plus jeune, temps limité, et besoin peindre urgent, dire avant trop tard, et accidents voiture rappellent ça, mort soudaine possible, et demain peut-être moi, accident, et œuvre inachevée, et urgence ça, peindre maintenant, témoigner maintenant, et One Minute After urgence ressentie, coups brosse rapides, empâtements épais, et terminer rapidement, et signer dater, et là, existe, témoigne, et même si moi meurs demain, tableau reste, et parle, et crie, et homme bras levés crie pour moi aussi, artiste criant, et femme morte rappelle mortalité, et âme montant rappelle espoir, quelque chose survit, œuvre survit, et consolation ça, art survie symbolique, et mai deux mille treize je peignais avec conscience ça, mortalité, urgence, survie, et tableau testament peut-être, et tous tableaux testaments, et artiste prépare mort en créant, et paradoxe, créer pour survivre mort, et œuvre orpheline après artiste, et continues parler, et One Minute After continuera, et homme continuera crier, et femme continuera mourir, et âme continuera monter, et spectateurs continueront ressentir, et une minute après deviendra éternité, moment figé pour toujours, et douleur immortalisée, et témoignage permanent, et mémorial universel, pas monument froid pierre, mais tableau vivant, couleurs, matière, émotion, et humanité ça, créer malgré mort, témoigner malgré oubli, aimer malgré perte, et homme crie malgré elle morte, et cri égale amour, et amour survit mort, et One Minute After dit ça, amour plus fort que mort, douleur preuve amour, et cri preuve vie, et tant qu’on crie, tant qu’on pleure, tant qu’on sent, on vit, et survivant porte ça, douleur mais aussi amour, mémoire, et responsabilité vivre pour elle aussi, et porter âme disparue dans cœur, et continuer, et tableau appelle ça, continue, vis, malgré douleur, malgré perte, et résilience, et espoir, et vie.
Et mai deux mille treize je signais datais One Minute After 2013, et tableau était là, homme crie, femme morte, âme monte, voiture détruite, et format cent quarante-six large, cent quatorze haut, et accroché atelier, et regard quotidien, et rappel mortalité, fragilité, et aussi rappel amour, humanité, compassion, et dédicace maintenue, tous ceux perdus, et tous ceux restent, et prière laïque peut-être, tableau égale prière, et orthodoxie enfance, icônes prières peintes, et moi peignant icône moderne, pas saint mais humains, pas miracles mais tragédies, mais aussi transcendance, âme monte, et sacré ça, vie sacrée, mort sacrée, amour sacré, et One Minute After célèbre ça, honore ça, et spectateur face tableau, moment recueillement, silence, et puis peut-être larmes, et puis peut-être résolutions, prudence, amour, vivre pleinement, et tableau transforme, lentement, et mai deux mille treize ,cinquante-trois ans vie, et One Minute After témoignage maturité, profondeur, spiritualité, et pas jeune artiste provocation, mais artiste mûr compassion, et évolution ça, jeunesse colère, maturité compassion, et One Minute After compatissant, souffre avec, cum patior, et homme crie et moi crie avec lui, et femme morte et moi pleure avec famille, et âme monte et moi espère avec croyants, et voiture détruite et moi dénonce avec victimes, et tout ensemble, douleur espoir colère compassion amour mort vie, et humanité ça, complexité, contradictions, et art capte ça, fixe ça, transmet ça, et One Minute After transmet, pour toujours mai deux mille treize, pour toujours cinquante-trois ans , pour toujours accident voiture tragédie universelle, pour toujours un virgule trois million morts annuels, pour toujours toutes vingt-quatre secondes quelqu’un meurt, pour toujours homme crie bras levés, pour toujours femme morte corps étendu, pour toujours âme s’envole ailes blanches, pour toujours voiture détruite métal tordu, pour toujours une minute après impact, pour toujours moment terrible entre espoir certitude, pour toujours douleur absolue survivant, pour toujours séparation déchirante, pour toujours lui reste elle part, pour toujours solitude commence, pour toujours deuil trauma culpabilité, pour toujours pourquoi elle pas moi, pour toujours amour survit mort, pour toujours cri égale amour, pour toujours douleur preuve amour, pour toujours mémorial universel, pour toujours dédicace tous ceux perdus, pour toujours témoignage nécessaire, pour toujours compassion, pour toujours One Minute After.




